Pour la santé à La Réunion et à Mayotte

Publication des résultats de l’enquête « Gramoune Care » 2016/2017

Communiqué de presse
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 Visuel GramounCare
« Gramoune Care » est une enquête réalisée conjointement par l’ARS Océan Indien, le DMG (Département de Médecine Générale de l’Université de la Réunion), et le CGEOI (Collège des Généralistes Enseignants Océan Indien). Son objectif, dans un contexte de vieillissement de la population réunionnaise, est d’apporter un éclairage sur l’état de santé et les conditions de vie de nos « gramounes ».
Corps de texte

Première enquête du genre, les résultats publiés aujourd’hui pourront éclairer la mise en œuvre et le suivi des actions collectives de prévention du vieillissement, et d’accompagnement des personnes âgées.

La population réunionnaise vieillit. L’INSEE prévoit un doublement des personnes âgées de 65 ans ou plus pour 2040. Les séniors devraient y représenter alors 21% de la population réunionnaise.

Avec les gains d’espérance de vie, les progrès en termes d’autonomie et l’arrivée de générations nombreuses aux âges élevés, La Réunion fait donc face à un enjeu démographique majeur : le vieillissement de sa population.

Mieux connaître les conditions de vie quotidienne des personnes âgées, leurs comportements et leur état de santé, est donc primordial pour adapter les actions de prévention, et l’organisation des soins et des accompagnements à leur égard.

Cette enquête vise à définir des profils sociaux et sanitaires des personnes âgées et à observer les interrelations qui peuvent exister entre santé et conditions de vie. 875 personnes âgées de 65 ans ou plus, vivant à domicile, ont ainsi été interrogées du 1er juillet 2016 au 31 mars 2017, à partir de la patientèle des médecins généralistes de l’île.

  • Un tiers des gramounes déclarent de faibles ressources financières avec moins de 800 € mensuels au sein de leur foyer et 26% déclarent y arriver difficilement
    Cette situation devrait évoluer plus favorablement, les plus jeunes générations des séniors déclarant des niveaux de ressources supérieurs aux plus anciennes.
  • Les solidarités familiales et de proximité se maintiennent, malgré l’avancée en âge
    Les séniors s’appuient essentiellement sur leur famille avec une aide intergénérationnelle bien présente et principalement non financière. Ainsi 70% d’entre eux reçoivent de la visite au moins une fois par semaine de la part de leur entourage familial, et la part des personnes vivant seules reste constante malgré le vieillissement (inférieure à 30%, quel que soit l’âge).
  • Huit gramounes sur dix déclarent être satisfaits de leur mode de vie actuel et souhaitent rester dans leur logement pour les années à venir
    Pour la moitié d’entre eux, un aménagement de leur logement serait nécessaire en raison de l’avancée dans l’âge, principalement pour la salle de bain et les toilettes. Mais avec peu de moyens financiers pour la majorité d’entre eux, il leur est difficile de procéder aux rénovations nécessaires. Seuls 2% envisagent d’aller vivre dans une maison de retraite ou en famille d’accueil.
  • Le médecin généraliste est un interlocuteur fréquent.
    Un sénior sur deux consulte un médecin au moins une fois par mois et 46% d’entre eux consomment au moins trois médicaments par jour. Seuls 10% d’entre eux n’en consomment aucun. Au cours des six derniers mois, 17% des séniors ont été hospitalisés.
  • L’utilisation d’internet et du téléphone portable progresse fortement chez les plus séniors les plus jeunes
  • Des risques de dépendance sont identifiés, avec des expositions relativement élevées.
    Les personnes âgées ont été interrogées sur un panel de questions permettant d’identifier les risques de dépression, de troubles cognitifs, de dénutrition, de chute. Ces tests constituent des éléments-clés de la première étape du dépistage et ont permis d’identifier des facteurs associés à ces risques : âge, consommation médicamenteuse, autonomie, moral, composition familiale, visite de l’entourage.

L’enquête met en avant que 46% des séniors ont un risque de dépression, 32% un risque de troubles de la mémoire, 23% un risque de dénutrition et 14% un risque de chute.

Elle permet d’identifier un profil de personnes à risque de dépendance : un âge supérieur à 75 ans, un isolement quotidien, une anxiété ou un sentiment d’être déprimé, la consommation de plus de 6 médicaments par jour.

Poster Senior

L’enquête « Gramoune care » est une étude descriptive par entretien individuel. Les entretiens ont été réalisés par les médecins généralistes libéraux ou les internes en stage au sein des cabinets de médecine générale répartis sur l’ensemble de l’île, soit en consultation, soit au domicile des patients.

Le questionnaire comporte deux volets :

  • un volet social : les questions portent sur les caractéristiques principales de la personne enquêtée (situation familiale, sociale, économique) et sur ses conditions et modes de vie (logement, déplacement, équipement en numérique).
  • un volet médical : les questions concernent principalement quatre tests de dépistage relatif à l’état nutritionnel, à la mobilité, aux troubles cognitifs, aux troubles de l’humeur, mais également sur la polymédication et le recours aux professionnels de santé.

Au-delà de cette première publication, d’autres travaux exploiteront la base de données recueillies, et notamment 4 thèses en cours de médecine sur la dépression, la dénutrition, le risque de chute, et les fragilités.

L’étude met en évidence un certain nombre de constats et démontre notamment que 8 personnes âgées sur 10 à La Réunion souhaitent vieillir à domicile. Elle conforte donc le choix d’une politique orientée vers le soutien à domicile des personnes âgées, la prévention des conséquences du vieillissement, et la mobilisation des services et professionnels de santé de ville.

En particulier, le médecin généraliste joue un rôle central pour repérer les personnes âgées à risque de dépression, de troubles de la mémoire, de dénutrition ou de chute. Il peut conseiller ses patients en fonction de leur profil de risque

Les réponses à déployer sur le territoire portent sur trois axes principaux pris en compte dans la politique de l’ARS Océan Indien :

  • Développer la prévention et le repérage précoce de la perte de l’autonomie
  • Promouvoir les environnements favorables au bien vieillir, et notamment l’adaptation de l’habitat
  • Favoriser le maintien à domicile dans de bonnes conditions, en veillant au développement et à l’adaptation des services, au soutien des aidants, et à la coordination des intervenants, dont les professionnels de santé libéraux.

Ces orientations nécessitent la mobilisation d’une pluralité d’acteurs (professionnels de santé, services et établissements, associations de prévention, familles), mais aussi l’action concordante des pouvoirs publics et notamment du Département et de la Caisse Générale de Sécurité Sociale, partenaires de l’ARS, et qui pourront disposer de cette première enquête pour leurs travaux communs.

 Conférence de presse GramounCare - photo

Une conférence de presse s'est tenue le 17 Mai 2018 en présence de :

  • Etienne BILLOT, Directeur Général Adjoint de l'ARS Océan Indien,
  • Pr Jean-Marc FRANCO, Directeur du Département de Médecine Générale de l’Université de La Réunion
  • Dr Alain DOMERCQ , Président du Collège des Généralistes Enseignants de l’Océan Indien
  • Florence CALIEZ, Chargée de missions et SIG de l’ARS océan Indien
  • Fabienne MEAL Responsable du Service Offre de Soins Médico-Sociale de l’ARS océan Indien

Aller plus loin

Données de santé relatives aux personnes âgées à La Réunion

Visuel Personnes âgées

En 2018, l’ARS Océan Indien consacre trois publications aux données de santé relatives aux personnes âgées à La Réunion.
Consulter la rubrique dédiée

 

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