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Epidémie niveau 4 : chiffres et zones concernées

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Visuel courbe épidémio - épidémie
Le mardi 10 juillet 2018, le préfet de La Réunion, en concertation avec le directeur général de l'ARS Océan Indien, a décidé d’activer le niveau 4 du dispositif spécifique ORSEC de lutte contre les arboviroses : « Épidémie de moyenne intensité ».
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En début d’année 2018, une accélération de la circulation du virus a été constatée et une épidémie est en cours depuis fin janvier. Après un pic au cours du mois de mai, la dynamique épidémique se maintient depuis juin à niveau stable et soutenu. L’épidémie demeure à un haut niveau dans l’Ouest et le Sud.

Situation au 17 juillet 2018
(données de la Cire OI, Santé Publique France)

On dénombre 6 152 cas de dengue confirmés depuis le début de l’année 2018.
Depuis le début de l’année 131 cas ont été hospitalisés.

Du 2 au 8 juillet (données de la semaine dernière en cours de consolidation), 119 cas de dengue ont été diagnostiqués et sont répartis dans les zones suivantes :

  • Dans l’ouest : Bois de Nèfles et La Plaine (12 cas), Saint-Paul, Gare routière et Etang (14 cas), Le Port (21 cas), La Possession (18 cas), Saint-Gilles-les-Bains (9 cas), Saint-Leu (3 cas), Saint-Gilles-les-Hauts (5 cas).
  • Dans le sud : Ravine des Cabris (5 cas), Saint-Pierre (4 cas), Etang-Salé (3 cas), Saint-Louis (5 cas), le Tampon (4 cas), Saint-Joseph (1 cas), les Avirons (3 cas), Saint-Philippe (1 cas).
  • Dans le nord : La Montagne (1 cas), Sainte-Clotilde (2 cas), Saint-Denis ville (3 cas), Sainte Marie (1 cas).

Au total depuis le début de l’année 2018, on enregistre :

  • 131 hospitalisations pour dengue (dont 10 la semaine dernière).
  • 394 passages aux urgences.
  • un décès évalué comme indirectement lié à la dengue

Carte de répartition des cas de dengue à La Réunion (semaine 26/2018)

Répartition géographique des cas de dengue signalés en 2018 (Semaine 26)

(données de la Cire OI, Santé Publique France)

Evolution des cas par semaine (Semaine 26)

Le 10 juillet 2018, le préfet de La Réunion, en concertation avec le directeur général de ARS Océan Indien, a décidé de rehausser le niveau du dispositif spécifique ORSEC de lutte contre les arboviroses, passant du niveau 3 « épidémie de faible intensité » au niveau 4 « épidémie de moyenne intensité ». Cette décision est motivée par un risque épidémique important au retour de l’été austral, justifiant de profiter de l’hiver pour renforcer davantage les moyens de lutte contre l’épidémie.

L’objectif du passage en niveau 4 est d’interpeller l’ensemble des acteurs impliqués et plus largement la population réunionnaise pour une mobilisation collective et massive durant l’hiver austral afin d’enrayer autant que possible la diffusion du virus de la dengue avant le retour des conditions estivales.

Le passage en niveau 4 du dispositif ORSEC s’accompagne du lancement ou du renforcement de plusieurs dispositifs de lutte contre la dengue :

  • Remobilisation de l’ensemble des acteurs
  • Accélération du recrutement des contrats aidés
  • Activation du RSMA en appui de la lutte anti-vectorielle
  • Déploiement progressif de volontaires au service civique
  • Distribution de répulsifs auprès de publics cibles
  • Sensibilisation des médecins et des pharmaciens
  • Renforcement de la communication

En savoir plus  :

Dengue : Card ORSEC Niveau 4

Les dates clefs des changements de niveau d'alerte :

Agissons Ensemble contre les moustiques durant l’hiver austral pour arrêter l'épidémie de dengue.

La mobilisation de l’ensemble des acteurs est importante depuis plusieurs mois. Cependant, l’épidémie se poursuit à un niveau toujours soutenu malgré l’entrée dans l’hiver austral. De plus, si le nombre de cas est globalement stable depuis plusieurs semaines, on observe une dispersion des cas sur l’ensemble de l’île, notamment sur les communes du Nord et du Sud de l’île.

Or le maintien d’une circulation du virus pendant l’hiver ferait peser le risque d’une épidémie plus importante au cours de l’été austral (pluies et chaleur seront à nouveau plus favorables au développement des moustiques).

La situation pourrait alors évoluer :

  • soit en épidémie majeure, comme ce fut le cas lors de l’épidémie de chikungunya en 2006 (maintien du virus lors de l’hiver 2005 et apparition de l’épidémie l’été suivant),

  • soit vers une endémicité du virus : maintien de la circulation du virus sur une très longue période comme c’est le cas par exemple aux Seychelles depuis près de 3 ans.

Dans les deux cas, l’épidémie de dengue pourrait être à l’origine de conséquences sanitaires importantes.

Enfin, l’arrivée des vacances scolaires coïncide avec le mouvement de nombreuses personnes et nécessite un renforcement des messages de prévention auprès la population.

Les voyageurs à destination d’une zone d’endémie de la dengue doivent être informés du besoin de se protéger des piqures à leur retour à La Réunion afin de limiter la possibilité d’introduction d’autres sérotypes du virus sur l’île.

Les voyageurs à destination de la métropole doivent être informés de la nécessité de se protéger des piqures de moustiques une fois en métropole afin d’empêcher la contamination des moustiques locaux par le virus de la dengue.

L’hiver austral : une saison propice pour lutter contre la dengue

Le moustique Aedes albopictus ou moustique tigre, vecteur responsable de l’épidémie de dengue actuelle, est omniprésent sur l’île. En hiver, le moustique est moins actif du fait du rafraîchissement des températures et des pluies moins abondantes. Pour autant, des populations de moustiques se maintiennent notamment sur les zones côtières et peuvent continuer à participer à la diffusion du virus.

Pour réduire les risques de voir apparaître une nouvelle épidémie de grande ampleur, la mobilisation de tous durant l’hiver est déterminante.

Cette situation épidémiologique particulière justifie le maintien d’une mobilisation maximale de l’ensemble des acteurs pour continuer à freiner encore davantage la dynamique épidémique avant le retour de l’été austral 2018/2019.

 

C’est donc maintenant qu’il faut agir !